21/07/2015 - Sportifs - Sissako Bolanga

Sissako continue le combat.

Sissako Bolanga, c'est l'histoire d'une fille chétive, à qui les médecins disent à sa maman que sa fille est trop malade pour faire du sport. Une fille qui a une mère qui souhaite cependant qe sa fille aille faire du sport pour dépenser son trop plein d'énergie.?

Sissako c'est la fille trop petite en âge, mais très grande en taille. Sissako c'est une enfant qui fait de la danse contemporaine du haut de son mètre quatre vingt quatre à quatorze ans, pour quatre vingt quatre kilos et qui chausse du quarante quatre.

Sissako, c'est l'histoire d'une femme qui a su avancer malgré la maladie avec son tempérament de guerrière et énormément de volonté.

Sissako, c'est l'histoire d'une femme qui construit elle-même son histoire.

Une femme qui transmet ce qu'elle a pu recevoir depuis tant d'années.

 

La rencontre.

Cette rencontre va tout changer. Une dame américaine dans un gymnase fait faire du basket aux plus grands et lui propose de se lancer. Cette femme, c'est l’entraîneur du club de Bondy. Elle lui accorde deux heures de son temps par jour. Elle détecte chez Sissako, cette envie de bouger. L'AS Bondy devient alors son tout premier club. Là-bas, elle monte une équipe de filles, pour mettre ses sœurs dans le sport. Une équipe de copines, comme elle le dit elle-même.

 

Le sport. Un moyen de s'en sortir.

"Pour ma mère c'était quelque chose d'important. Il fallait être à la fois fort en sport et fort à l'école. Ça fait un tout, un l'équilibre. Si je n'avais pas de bons résultats scolaires, pas de sport. C'était clair!"

Son souhait de devenir médecin, devient très vite qu'un souvenir. Arrivée à Poitiers, les entraînements de basket lui prennent beaucoup de temps. "Je passais beaucoup plus de temps dans un gymnase qu'à faire mes révisions.” Exit la médecine et un nouveau projet se met en place. Être kinésithérapeute et s'occuper d'une équipe sportive de haut niveau. Il faut dire qu'avec un parrain tel que Lawson Body, cela peut donner des idées. Envoyée au CREPS pendant un an, elle y passe tous les niveaux d’entraîneur, son brevet d'état, le BAFA et devient animatrice pendant les vacances. Elle s'exile ensuite à Lille un an, puis Rouen durant quatre ans, où elle devient championne de France. S'en suit Tarbes, avec l'actuel président de la fédération française de basket ball - FFBB - qui lui ouvre les portes du Championnat d'Europe. Bingo! Elle devient championne d'Europe. Sa blessure aux ligaments croisés ne lui empêche pas pour autant d’entraîner, ce qu'elle fait depuis l'âge de dix-sept ans. Elle en profitera pour faire venir à Tarbes quelques pointures du basket à l'image de Boris Diaw et Nicolas Pietrus, à l'occasion d'une mini olympiade au moment de Sydney 2000.

 

La transmission.

La transmission est un mot fort pour la championne d'Europe. Elle souhaite d'ailleurs que son fils puisse lui aussi, à son tour, transmettre cet amour pour le sport. C'est son état d'esprit, son oxygène, elle est comme ça Sissako.

De retour à Poitiers, après ses quelques années d'exil pour des raisons sportives, elle décide de s’investir dans... le sport collectif à nouveau. "Je forme des sportifs certes, mais j'ai vraiment envie qu'ils redonnent à quelqu'un ce qu'ils ont pu recevoir. Même si dans la vie c'est galère et qu'en société on est poussés à l'individualisme, dans le milieu sportif, tu es obligé de faire avec les autres. Même quand tu fais un sport individuel tu as forcément quelqu'un en face. Tu es obligé de faire attention à l'autre. Naturellement, tu n'as pas le choix. Sinon t'allumes ta télé et tu regardes Gym Direct!" Le sport est aussi pour Sissako, un moyen d'acceptation. "C'est le meilleur moyen pour aider un jeune qui se trouve mal dans sa peau, de s'accepter. Car si tu apprends à t'accepter par le sport, tu accepteras plus facilement l'autre et notamment le fait qu'il ne soit pas comme toi. Le fait qu'il ne puisse pas faire tout comme toi. Le fait qu'il ait un handicap, le fait qu'il soit différent. C'est ça qui m’intéresse par le sport. Qu'il puisse accepter l'autre quelque soit l'adversaire en face." Le respect du sport donc sur le terrain mais aussi le respect dans la vie de tous les jours. "Ce que j'espère, c'est qu'après ça, les jeunes soient corrects au niveau du comportement que ce soit à l'école ou chez eux, pour qu'ensuite ils soient de bons citoyens."

Sissako quand elle partage, c'est avec tout le monde. Elle aime le mélange, la mixité. "Moi ce qui m’intéresse ici, lors de cette semaine de stage c'est de mélanger. Celui qui joue au tennis et dont le père médecin avec le jeune issu des quartiers.C'est ma marque de fabrique. C'est génial ça. Ça rend les gens tolérants après. Pour moi le sport ce n'est pas juste on juste on joue et après c'est fini. Le sport c'est rencontrer des gens, des nouvelles têtes... C'est aussi ça le partage."

 

Un équilibre.

Cette transmission, est un équilibre. Ce qu'elle a reçu, elle a besoin de le partager à nouveau. Tout ce qu'elle a eu, c'est par le sport. “Je suis persuadée que quand tu donnes naturellement sans attendre en retour ça te revient à un moment donné. Il faut apprendre à donner sans forcément attendre un chèque en retour. C'est dur pour la nouvelle génération dans cette société poussée à la consommation.''

 Elle garde aussi un œil très critique sur la façon dont le sport se pratique. "Il faut arrêter de faire croire aux gamins que parce que tu vas jouer au foot, tu vas gagner beaucoup d'argent après. C'est pas ça le sport!"

 A côté de ça, Sissako a une vie que les gens ne voient pas. Sa vie privée. Ses trois cancers qu'elle a su dominer coup sur coup. De plus, son fils a une chance sur deux d'avoir le syndrome. Quelque chose qu'elle aurait préféré ne pas transmettre. Cependant, le sport a une grande importance dans ce combat. "Je suis persuadée que si ma mère et moi avions écouté les médecins, je ne serai plus là. Je suis persuadée que mon mental, et mon caractère de guerrière acquis grâce au sport, y sont pour beaucoup. Je me dis que si ça a réussi avec moi, pourquoi pas avec les autres? Si j'arrive à transmettre à une personne qui elle-même le transmettra à une autre personne alors j'aurai fait mon boulot." C'est pour ça qu'elle crée la journée"Tulipa" pour lutter contre le cancer. C'est un moyen de dire aux gens "Bougez-vous! C'est arrivé à moi, mais ça peut arriver à un de vos enfants.” Son fils dit une chose très juste. "Il faut trouver le médicament!" Mais pour trouver le médicament, il faut de la recherche, et donc des fonds. Malgré la maladie, Sissako continué le sport. "C'est aussi ça le sport. S'adapter. J'adapte l'intensité, j'adapte l'activité."Je veux qu'on me juge et qu'on m'apprécie par rapport à ce que je fais, pas par rapport à ce que je suis."

 

Le combat de Sissako n'est donc toujours pas terminé tant que le médicament contre le cancer ne sera pas trouvé. Sissako n'a donc pas fini de faire parler et c'est tant mieux. 

Victor TABUTEAU – Le Petit Musclé.

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