04/10/2012 - Handisport - Comité Départemental Handisport

L'handisport: "handi qui font du sport ou sport pour les "handi"?

L’Handisport :

"handi" qui font du sport ou sport pour les "handi" ?

Drôle de question me direz-vous. En fait, qu’est-ce que le handisport? Est-ce des handicapés qui pratiquent du sport ou est-ce un sport pratiqué par des personnes handicapées? Suivant notre point de vue, on verra que notre perception sera différente et notre vision de ce sport également. Et peut-être que mon vécu vous permettra de vous faire une opinion.

Tout d’abord, quand on parle d’HANDISPORT, on pense tout de suite à la FFH: Fédération Française Handisport.

Cette fédération fait partie du Mouvement Paralympique et est rattachée au Comité International Paralympique, qui comprend 6 fédérations internationales regroupant les handicaps suivants:

- Sportifs en fauteuil roulant (paraplégiques, tétraplégiques)

- Sportifs amputés et assimilés (agénésies, arthrodèses,...)

- Sportifs handicapés visuels (malvoyants, non-voyants)

- Sportifs handicapés auditifs (Malentendants, sourds)

- Sportifs infirmes moteur cérébraux

- Sportifs déficients mentaux, troubles psychiques.

Les cinq premières catégories sont rattachées à la FFH et la dernière à la FFSA (Fédération Française Sports Adaptés), sans oublier

Pour en revenir à la FFH, celle que je connais le mieux, elle est née en 1954 sous le nom de Association des Mutilés de France, avant de devenir en 1977la FFH. Ellecompte 17.000 licenciés, plus de 25.000 pratiquants et 45 sports de compétitions, loisir ou pleine nature sont proposés, dont 20 disciplines paralympiques. Son but est de rendre accessible au plus grand nombre le sport pour les personnes handicapées.

Suivant son handicap, on se rapproche de l’une de ces fédérations afin de savoir quel sport on peut pratiquer et où. Et c’est là, je deviens un handicapé qui veut faire du sport.

En effet, pour une personne en fauteuil roulant, la FFH va donner une liste de clubs "estampillés handisports". Si on habite une grande ville, on aura la chance d’avoir le choix entre plusieurs disciplines. Mais régulièrement, seulement 4 à 5 sports sont disponibles. De plus, le choix risque de diminuer suivant la mobilité et le désir de compétition.

Nous voilà handicapé pratiquant un sport dans un club handisport. On fait les entraînements et les compétitions qu’avec des handicapés. Ce qui semble logique dans les sports collectifs. En définitive, on reste "cloisonné" dans ce monde "handi", pas connu et pas reconnu. Seule une personne ayant un lien avec le handicap, étant handicapée ou proche d’un handicapé, s’intéressera à l’handisport. A mon avis, ce n’est pas la meilleure façon pour espérer être connu. Mais comment être connu?

Et si pour y arriver, il suffisait d’être un sportif pratiquant le handisport? Où est la nuance?

Une personne handicapée intéressée par un sport, au lieu de s’adresser à la FFH ou à la FFSA, va directement voir le club "non estampillé FFH" de sa ville. Ce club l’accepte sans grand risque puisque un Brevet d’Etat et une licence couvre le club au niveau assurance. Voilà, un sportif de plus. Elle pourra faire ses entraînements avec des valides et pourquoi pas, concourir contre des valides. Bien évidemment, c’est plus facile pour un sport individuel.

On sort là du monde "handi" et on entre dans celui des "valides". On n’est pas reconnu mais on commence à être connu puisque les adhérents du club n’auront pas ce lien avec le handicap. On est un sportif pratiquant un handi-sport et non plus un handicapé pratiquant un sport.

Dans mon cas, je préfère être un sportif pratiquant un handisport, bien que j’assume entièrement mon handicap. En 1991, ancien étudiant STAPS, je pratique le volley en N3. Du jour au lendemain, je me retrouve paraplégique et donc en fauteuil. Mais pour moi, je suis toujours sportif. Je m’essaye à plusieurs sports et je découvre le kayak. C’est le sport qu’il me faut. Grâce à la FFH, je participe à plusieurs stages et randonnées en kayak de mer. Mais le virus de la compétition me reprend.

Malheureusement, pour la FFH, une personne en fauteuil ne peut faire que du loisir en kayak de mer. Je tente donc ma chance dans un club FFCK (Fédération Française de Canoë-Kayak) et je découvre là un autre côté de ce sport. Je peux faire du kayak de mer, de l’eau vive ou de la course en ligne. Je participe même à des compétitions avec et contre des valides. La FFCK crée même une commission handi-kayak. A partir de ce moment, je suis un sportif pratiquant l’handikayak, connu par les autres compétiteurs et les spectateurs.

En plus du kayak, j’ai la chance d’être dans une ville où il y a une équipe de basket (Là, il faut au moins être 5 pour pouvoir jouer). Et, je vois cette différence d’être un handi pratiquant un sport. Peu de gens s’intéresse à nous et on est peu connu.

La nuance entre les deux est certainement infime, mais c’est peut-être la première étape pour que le handisport soit connu. Ensuite, plus de médiatisation serait la bienvenue, mais c’est un autre débat. Si ce sujet vous à quelque peu interpellé, n’hésitez pas à vous renseigner, il y a peut-être une équipe de basket près de chez vous. Et en tant que spectateur, c’est une initiation au handisport sympa puisque c’est les mêmes règles que chez les valides. Juste des fauteuils en plus.

P PERROT

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