03/10/2012 - Handisport - Comité Départemental Handisport

Le Torball...une autre façon de voir le foot

Le Torbal

Une autre façon de voir le foot

Pour beaucoup, ce mot ne veut pas dire grand-chose. A vos yeux, cela ne représente rien. Aux yeux de ceux qui le pratiquent, c’est un sport à part entière. Et quand je dis «à leurs yeux», je m’emporte peut être un peu puisque le Torball est un sport pratiqué par des mal et non-voyants. Le but de ce jeu est simple: Il faut marquer plus de but que l’adversaire. Dans cet article, je vais tenter de vous en expliquer les règles, le déroulement d’une partie et l’ambiance dans les salles.

Le ballon est un ballon d’une circonférence comprise entre 65 et 67cm, d’un poids de500 grammeset rempli de grenaille afin d’être audible en mouvement.

L’aire de jeu mesure 16m de long sur 7m de large, les buts s’étendent sur toute la largeur et mesurent 1,30m de haut.

Trois ficelles avec des clochettes sont disposées sur le terrain à 40cm du sol: une au-dessus de la ligne médiane, et les deux autres, à 2m de celle-ci de chaque cotés. La zone de 4m entre ces 2 ficelles formera la zone neutre. A la distance d’une largeur de balle par rapport aux lignes de côté à l’extérieur du terrain, des clochettes doivent être fixées à chaque extrémité des trois ficelles de telle sorte que chaque mouvement d’une ficelle causé par le ballon ou un joueur puisse être entendu

Les tapis d’orientation sont de2 mde long,1 mde large et leur épaisseur ne doit pas excéder1 cm.

Dans chaque zone de jeu, 3 tapis sont disposés de sorte que leur longueur soit parallèle à la ligne de but. Le tapis central est positionné au centre du terrain à20 cmen avant de la ligne de but. Les deux autres tapis sont situés de chaque côté du tapis central de façon à ce que l’arrière des tapis latéraux soit aligné avec l’avant du tapis central (à1.20 mde la ligne de but). Les largeurs externes des tapis latéraux bordent les lignes de côté.

Tous les tapis doivent être fixés solidement pour éviter qu’ils ne glissent.

Tous les joueurs sur le terrain doivent utiliser des patchs sur les deux yeux et, en plus, porter des lunettes opaques. Ceux-ci doivent être fixés de telle sorte que le joueur ne puisse rien voir; son acuité visuelle réelle n’est pas prise en considération. Ainsi, tout le monde à la même enseigne: dans le noir absolu.

Maintenant que nous sommes rentrés sur le terrain, nous allons pouvoir voir, excusez-moi, détailler le déroulement d’une partie, suivant que l’on se trouve en position de défense ou d’attaque.

Déroulement d’une partie :

Un match se déroule en 10 minutes de temps réel de jeu avec deux mi-temps de 5 minutes chacune. Les équipes sont constituées de 3 joueurs chacune.

Pour ce qui est de l’attaque, il y a trois joueurs en place dans leur camp, qui peuvent se faire des passes entre eux, mais qui ont 8 secondes avant de tirer. Et un joueur n’a pas le droit de tirer plus de trois fois consécutives. Le tir sera soit franc, rapide et rectiligne mais peu sonore, donc peu détectable parla défense. Oualors, le tir travaillé en donnant un effet avec la main rendant la trajectoire du ballon chaotique et aléatoire mais très sonore.

Et l’on peut tirer de n’importe quel endroit de son terrain. Mais quel que soit le tir, le ballon devra passer sous les cordes placées au centre du terrain. Le joueur peut tirer en position debout, semi-accroupi et même à genoux.

Une fois que le joueur a tiré, sa première préoccupation sera de se mettre en position d’attente à coté de ses deux partenaires. Il se met à genoux, prêt à plonger sur les côtés. Il faut le faire vite, car si le ballon est récupéré rapidement par l’adversaire, le tir adverse sera, du coup, rapide aussi. Mais la position d’attente doit respecter des critères bien précis: à genoux, visage vers le but adverse, les bras pas trop écartés et pas de contact au sol avec les mains.

Maintenant, «voyons», du moins, étudionsla défense. Lestrois joueurs sont placés dans leur camp, devant leur ligne de but en position d’attente. Et dès que le tir adverse est parti, ils doivent effectuer un plongeon latéral. Et là, toute la technicité intervient car il faut être très synchronisés afin de plonger tous ensemble, être le mieux alignés possible, être bras et jambes tendus afin de former un barrage collectif le plus hermétique possible. Ensuite, pour empêcher le but, il suffit soit de dévier le ballon soit dela bloquer. Etune fois le ballon récupéré, la défense devient l’attaque.

Compte rendu de match :

Une fois les différentes composantes de ce sport en place, je vais tenter de vous faire partager mon expérience de spectateur lors d’un match de mon club, l’A.S.S.H.A.V. de Poitiers, dont l’équipe première masculine joue en Division 1.

Ce qui m’a beaucoup surpris, c’est la vitesse d’exécution des participants et la vivacité du jeu. Pas ou peu de temps morts, les ballons, à peine récupérer ou mis en jeu, sont déjà en mouvement. Les passes sont précises, les déplacements bien coordonnés. Les tirs s’enclenchent rapidement. Les tirs puissants et rapides sont.... vraiment puissants et rapides. Les tirs travaillés donnent de superbes effets au ballon, qui n’a rien à envier aux balles brossées chères à Platini, Zidane et consorts.

Les défenseurs font preuve d’une coordination démoniaque et plongent tous les 3 quasiment dans la même seconde. Quelle harmonie!!! Un vrai ballet. L’action du match: un arrêt du défenseur qui capte un tir puissant à pleine main, se relève rapidement, fait deux pas vers l’avant et déclenche un tir enroulé qui va se loger au ras du poteau surprenant les défenseurs qui ont été un peu lent à se replacer.

On se prend vite au jeu et l’envie d’encourager son équipe devient forte. Mais il est interdit aux spectateurs de manifester puisque ce sport est basé sur .... L’acuité auditive des joueurs. En effet, les joueurs doivent savoir se placer les uns par rapport aux autres grâce à des indices sonores entres eux: parler à voix basse, bruits avec les mains. Mais on peut et on doit aussi se placer en fonction de l’adversaire. Ils doivent donc situer de manière auditive où est l’attaquant adversaire et repérer toute tentative de déplacement ou de passes. Et surtout, ils doivent analyser à l’oreille le tir de l’adversaire, la direction prise par le ballon, sa vitesse afin d’accorder leur plongeon.

Vous comprendrez facilement pourquoi il règne dans la salle un silence de cathédrale. Et je peux vous dire que je n’arrive pas à entendre la moitié des informations sonores que captent ces joueurs. C’est bien simple, ils donnent l’impression de voir le jeu, voir le ballon, voir les équipiers, voir les adversaires.

En tout cas, moi, j’en ai pris pleinla vue. Voirces athlètes qui s’éclatent sur le terrain dans un sport qui demande coordination, fluidité, souplesse, concentration et discrétion, c’est un vrai plaisir.

En conclusion, je dirais tout simplement que:

L’absence de regard ne limite pas le mouvement ni l’ouverture vers les autres. Changez vos habitudes et osez-vous confronter à un jeu où la vision permanente des partenaires et de son corps en mouvement ne sont plus des repères. Prendre le risque de s’affronter à une autre équipe, dans un espace sonore, où toutes les références habituelles sont inadéquates. C’est ce challenge que vous propose de relever le Torball. Alors n’hésitez plus et tentez l’expérience d’une rencontre avec des sportifs qui voient peu ou plus du tout, mais qui saurons vous prouver que la notion d’handicap est très subjective

P. PERROT

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